Fotografía contemporánea por Francisco González Fernández.

Camille Brasselet «Alter»

El mundo se ha convertido en una larga sucesión de representaciones y en una acumulada precipitación de imágenes. En este universo, que nosotros mismos hemos construido, no hay tiempo, ni espacio, y en él, todas las ventanas que se abren a la experiencia, nos proyectan un carrusel fugaz de acontecimientos, de hechos, de realidades, que permanentemente se nos presentan en atropellada sucesión.

Todo ha de ser efímero y banal. Nada puede ser. Finalmente, y en medio de este universo, se ha hecho imposible medir el tiempo. Ha dejado de existir. La inmediatez se ha configurado en la única regla existente y con ella, hemos perdido toda posibilidad de mediar con los demás o con nosotros mismos, creándose, así, un insondable abismo de distancia entre cada existencia, de manera que en esa enorme oquedad lo inmediato actúa a modo de ruido sobre el que es imposible escuchar la palabra y sin ella quedamos huérfanos del relato común que nos amalgamaba con la vida.

La desaparición del tiempo nos ha convertido en seres ahistóricos y la pérdida del nexo común, nos ha erigido en seres asincrónicos. Sin pasado ni futuro, nos vemos irremediablemente proyectados en un perpetuo presente, que se despliega ante nuestros ojos convertido en bucle donde no existe amanecer ni puesta de sol. Un presente clónico que nos ubica en un lugar sin lugar, en una dimensión abierta sin fronteras. Sin barreras, sin distancias. Lugar sin lugares. Un territorio vacío e idéntico a sí mismo, constituido por referencias que sustituyen a todo referente.

Para Camille Brasselet (Rouen, Francia), en su serie Alter, existimos en tanto que imagen, en tanto que reflejo de nosotros mismos, como réplica adosada en la mirada de los demás. Sus imágenes nos ponen de manifiesto que creemos estar en íntima relación con lo que vemos, sin advertir que lo que nos apropiamos es, tan sólo, un espejismo que nos confunde impidiéndonos mirar con atención la realidad con nuestros propios ojos, y es en la distancia que media de una mirada a otra, cuando dejamos de notar la enorme contaminación que se encierra en ese universo de imágenes de referencia, dejamos de comprender que la realidad tan sólo nos presenta lo prediseñado, lo preestablecido y lo políticamente correcto.

Todo es igual, pero todo es diferente. Todo es distinto. La imagen del yo se diluye a través de un doble, un personaje que interpreta el mismo papel, como una entrada en escena con un suplente. La alteridad del yo a través de una copia, un alter ego omnipresente, desdibuja la noción de identidad y pone de relieve, del mismo modo que una imitación de la realidad a través de imágenes, un doble observador de su propia existencia. El mundo se escenifica como una maqueta, en la que sus copias y originales se confunden, sin dejar más que la confusión de un parecido imperfecto.- Camille Brasselet.

 

Foto portada y fotos: de la serie Alter de Camille Brasselet  © 2023 par Camille Brasselet. 

Website:  https://www.camillebrasselet.com/   Instagram:  @camillebrasselet   Facebook:  Camille Brasselet

 

The world has become a long succession of representations and an accumulated precipitation of images. In this universe, which we ourselves have constructed, there is no time, no space, and in it, all the windows that open to experience, project a fleeting carousel of events, facts, realities, which are permanently presented to us in a hurried succession.

Everything must be ephemeral and banal. Nothing can be. Finally, and in the midst of this universe, it has become impossible to measure time. It has ceased to exist. Immediacy has become the only existing rule and with it, we have lost all possibility of mediating with others or with ourselves, thus creating an unfathomable abyss of distance between each existence, so that in this enormous hollowness the immediate acts as a noise over which it is impossible to hear the word and without it we are orphans of the common story that amalgamated us with life.

The disappearance of time has turned us into ahistorical beings and the loss of the common nexus has turned us into asynchronous beings. Without past or future, we see ourselves irremediably projected in a perpetual present, which unfolds before our eyes in a loop where there is no sunrise or sunset. A cloned present that places us in a place without place, in an open dimension without borders. Without barriers, without distances. A place without places. An empty territory identical to itself, made up of references that replace all referents.

For Camille Brasselet (Rouen, France), in her series “Alter”, we exist as an image, as a reflection of ourselves, as a replica attached to the gaze of others. Her images show us that we believe we are in intimate relationship with what we see, without realizing that what we appropriate is only a mirage that confuses us, preventing us from looking carefully at reality with our own eyes, and it is in the distance between one look and the other, when we fail to notice the enormous contamination that is enclosed in that universe of reference images, we fail to understand that reality only presents us with the pre-designed, the pre-established and the politically correct.

“Everything is the same, but everything is different. Everything is distinct. The image of the self is diluted through a double, a character who plays the same role, like an entrance on stage with an understudy. The alterity of the self through a copy, an omnipresent alter ego, blurs the notion of identity and highlights, in the same way as an imitation of reality through images, a double observer of his own existence. The world is staged as a scale model, in which its copies and originals blend together, leaving only the confusion of an imperfect resemblance”.- Camille Brasselet.

 

Le monde est devenu une longue succession de représentations et une précipitation accumulée d’images. Dans cet univers, que nous avons nous-mêmes construit, il n’y a pas de temps, pas d’espace, et dans celui-ci, toutes les fenêtres qui s’ouvrent sur l’expérience projettent un carrousel fugace d’événements, de faits, de réalités, qui nous sont présentés en permanence dans une succession précipitée.

Tout doit être éphémère et banal. Rien ne peut l’être. Enfin, au milieu de cet univers, il est devenu impossible de mesurer le temps. Il a cessé d’exister. L’immédiateté est devenue la seule règle existante et avec elle, nous avons perdu toute possibilité de médiation avec les autres ou avec nous-mêmes, créant ainsi un abîme insondable de distance entre chaque existence, de sorte que dans cet énorme vide, l’immédiat agit comme un bruit sur lequel il est impossible d’entendre la parole et sans lequel nous restons orphelins de l’histoire commune qui nous amalgamait à la vie.

La disparition du temps a fait de nous des êtres anhistoriques et la perte du lien commun a fait de nous des êtres asynchrones. Sans passé ni futur, nous nous voyons irrémédiablement projetés dans un présent perpétuel, qui se déroule sous nos yeux en une boucle où il n’y a ni lever ni coucher de soleil. Un présent cloné qui nous place dans un lieu sans lieu, dans une dimension ouverte sans frontières. Sans barrières, sans distances. Un lieu sans lieu. Un territoire vide identique à lui-même, composé de références qui remplacent tous les référents.

Pour Camille Brasselet (Rouen, France), dans sa série “Alter”, nous existons en tant qu’image, en tant que reflet de nous-mêmes, en tant que réplique attachée au regard des autres. Ses images nous montrent que nous croyons être dans une relation intime avec ce que nous voyons, sans nous rendre compte que ce que nous nous approprions n’est qu’un mirage qui nous trouble, nous empêche de regarder attentivement la réalité avec nos propres yeux, et c’est dans la distance entre un regard et un autre que nous cessons de remarquer l’énorme contamination qui est enfermée dans cet univers d’images de référence, que nous cessons de comprendre que la réalité ne nous présente que ce qui est pré-conçu, préétabli et politiquement correct.

“Tout se ressemble mais tout est différent. Tout est autre. L’image de soi se dilue à travers un double, un personnage qui aurait le même rôle, comme une entrée sur scène avec sa doublure. Une altérité de soi à travers une copie, un alter ego omniprésent, trouble la notion d’identité et met en exergue, de la même manière qu’une imitation du réel par l’image, un double observateur de sa propre existence. Un monde est mis en scène comme une maquette avec ses copies et ses originaux qui se fondent entre eux, ne laissant place qu’au trouble d’une ressemblance imparfaite”.- Camille Brasselet.

 

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Camille Brasselet